FETISHGEISHA
Le shibari est le terme européen pour désigner l’art érotique de la corde japonaise,
Au Japon, ce vocable est KIMBAKU.
L’art des liens provient du Japon traditionnel. Outre les pliages en papier que tout enfant maîtrise à la perfection, les 'Origamis', le Kimono des Dames ne comporte pas de
boutons. Le OBI, ceinture traditionnelle à triple superposition est un nouage savant qui représente plusieurs années d’apprentissage pour la geisha.
Lien entre le profane et le sacré, lien du quotidien, le Japon traditionnel aime la rencontre entre le sens sacré des choses et les actes du quotidien. La fameuse cérémonie du thé en est une illustration parfaite.
Le Kimbaku n’est pas l’art des noeuds mais celui des liens, liens que l’on noue, passage après passage. L’origine du Kimbaku se noie dans l’histoire du Japon. Par manque de fer et de métal, la corde était l’outil privilégié de capture des prisonniers, d’enfermement et de torture. Chaque clan possédait ses techniques propres, chaque crime était puni d’une position particulière. Et chaque méthode était jalousement gardée, transmise uniquement de manière orale aux membres du clan, ce qui explique une grande disparition du savoir.
La dextérité des maîtres était telle que, d’une combinaison complexe, un simple choc dans le dos du prisonnier
permettait de dénouer totalement la contrainte et de libérer le prisonnier.
L’art de la corde faisait donc partie des arts traditionnels du samouraï ainsi que
l’art des tsuri (suspension) sous le vocable de Hojo-jutsu or Hojojutsu Une grande partie de cet art ancestral a cependant été perdu.
C’’est à partir des années 1950 que des NAWASHI (experts de la corde) utilisent l’art des cordes à des
fins érotiques. L’après-guerre et la présence américaine avec la vague des Pin-up explique cet étrange mélange où un art traditionnel a été revu à des fins érotiques.
Est-ce le bondage Betty Page qui a permis au Shibari de prendre son essor
érotique ? Est-ce le shibari qui a inspiré les
photographes américains ? La majorité des auteurs optent pour la deuxième solution car
la légende est bien belle. Il est clair que le Nawashi Arika Danki a consacré sa vie à retrouver des fragments de l’art
ancestral de la corde. L’émergence de l’Internet et la fulgurante ascension de l’art érotique
qui désormais dépasse les frontières a permis aux Nawashis de s’exprimer hors des scènes traditionnelles japonaises.
Désormais
les frontières ne sont plus opaques. Si Midori, japonaise, vit aux USA, Satomy, française et Steve Osada, américain, vivent au Japon. Il est désormais complètement passéiste de penser que seul le Japon offre des perspectives de formation.
Deux salons du bondage où se rencontrent les Nawashis de tous pays, sont organisés chaque année : le Shibaricon aux USA et le Boundcon en Allemagne.
Pour en savoir plus sur l’art militaire de la corde voici un excellent site anglais (certaines parties sont en français) : http://www.milism.net/